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La justice belge maintient en détention des militants kurdes proches du PKK


Mardi 9 mars 2010 à 18h30

BRUXELLES, 9 mars 2010 (AFP) — La justice belge a décidé mardi de maintenir en détention six personnes soupçonnées de liens avec le parti indépendantiste kurde PKK, dont deux anciens députés au Parlement turc, interpellées la semaine dernière en Belgique, a-t-on appris auprès du parquet fédéral belge.

Quelque 300 policiers belges avaient procédé jeudi à 28 perquisitions dans le pays afin de démanteler un réseau de recrutement de jeunes volontaires désireux de grossir les rangs des combattants du PKK.

Huit personnes avaient été inculpées vendredi de "participation aux activités d'un groupe terroriste" et placées en détention préventive.

La Chambre du conseil de Bruxelles a "confirmé" l'inculpation de "participation aux activités d'un groupe terroriste" et le maintien en détention provisoire de cinq personnes, tandis que la Chambre du conseil de Charleroi (sud) faisait de même pour une sixième personne, a indiqué à l'AFP la porte-parole du parquet fédéral, Lieve Pellens.

Parmi les militants maintenus en détention figurent deux chefs de file du PKK en Europe, Zubeyir Aydar et Remzi Kartal, anciens députés au Parlement turc, a précisé Mme Pellens.

La Chambre du conseil de Bruxelles a, dans le même temps, décidé de remettre en liberté conditionnelle les deux dernières personnes interpellées, qui restent toutefois inculpées, selon la même source.

"Mais le parquet fédéral va faire appel et ces personnes ne seront pas remises en liberté dans l'immédiat", a expliqué la porte-parole.

Ce coup de filet a été dénoncé par les milieux kurdes, qui reprochent à la Belgique d'avoir cédé aux injonctions de la Turquie, ce que les responsables belges ont réfuté.

Il était intervenu deux jours après l'inculpation à Paris de neuf Kurdes de Turquie dans le cadre d'une enquête ouverte fin 2008 sur le recrutement et l'entraînement de militants par le PKK.

Samedi, environ 5.000 Kurdes avaient manifesté à Bruxelles et environ 300 à Rennes (ouest de la France) en signe de protestation.

Le PKK est une organisation classée comme "terroriste" par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.